Carpocapse : reconnaître, lutter et prévenir

Le carpocapse, communément appelé le « ver des fruits », est un papillon ravageur dont la larve cause d’importants dégâts dans les vergers. Après l’éclosion des œufs, la chenille pénètre dans les fruits, notamment les pommes, les poires ou les noix où elle se nourrit de la chair, provoquant leur chute prématurée et les rendant impropres à la consommation. Ce nuisible peut rapidement compromettre une récolte si aucune action n’est menée.

Il est possible de lutter de manière biologique contre la chenille du carpocapse, notamment en utilisant des nématodes bénéfiques comme les souches Felti ou Carpo, à pulvériser au bon moment selon la température extérieure.

Comment reconnaître le carpocapse ? 

Le carpocapse adulte est un petit papillon de nuit aux ailes gris et brun sombre, mesurant entre 16 et 19 mm. Il est difficile à observer en journée, mais il est actif la nuit, notamment autour des vergers. Sa larve, appelée chenille, est initialement blanche et translucide, puis prend une teinte rosée en vieillissant. Ces chenilles sont les véritables responsables des dégâts sur les fruits.

La larve du carpocapse se nourrit principalement des pommes, des poires et des noix, mais elle peut également attaquer les pruniers, cerisiers ou châtaigniers. Les signes typiques d’infestation incluent des fruits percés, des galeries creusées à l’intérieur du fruit, des fruits tombés prématurément et des traces de déjections à l’intérieur. Repérer ces symptômes est crucial pour agir rapidement et limiter les pertes dans le verger.

Développement des carpocapses

Le cycle de vie du carpocapse se déroule en plusieurs étapes clés. Les papillons adultes apparaissent généralement à la fin du printemps et recommencent à être actifs en juillet. Après l’accouplement, la femelle dépose entre 50 et 100 œufs sur ou autour des fruits des pommiers et poiriers. Ces œufs éclosent au bout d’une quinzaine de jours, donnant naissance à de jeunes chenilles qui pénètrent immédiatement dans le fruit pour se nourrir.

La larve se développe à l’intérieur du fruit, où elle creuse des galeries, puis quitte le fruit pour se transformer en chrysalide dans le sol ou sous l’écorce. Une seule génération peut causer des dommages significatifs, et dans certaines régions, deux générations par an sont possibles.

Quels dégâts causent les vers des fruits ? 

Les chenilles de carpocapse pénètrent dans les fruits en creusant des galeries invisibles à l’œil nu. On peut parfois repérer un petit trou sur le fruit, situé en surface, en dessous ou au niveau de l’œil du fruit. Autour de ce trou, il est fréquent de trouver de la sciure brune, résidu de leur alimentation.

Une fois à l’intérieur, la larve se nourrit de la chair du fruit, le rendant inutilisable. Les fruits attaqués peuvent tomber prématurément, même lorsqu’ils semblent encore mûrs, ou rester sur l’arbre mais devenir creux et gâtés. Cette infestation peut toucher de nombreux fruits simultanément, entraînant des pertes considérables pour les vergers. Dans les cas les plus graves, des récoltes entières peuvent être compromises, ce qui a un impact économique important pour les producteurs. Les dégâts ne se limitent pas seulement aux pommes et poires : les prunes, cerises, noix et châtaignes sont également vulnérables.

Comment lutter contre le carpocapse ? 

Le carpocapse peut être combattu grâce aux nématodes, de petits vers microscopiques qui s’attaquent aux larves en libérant des bactéries mortelles pour elles en quelques jours. Ils sont sûrs pour les plantes, les animaux, les humains et les abeilles.

Pour être efficaces, les nématodes doivent être appliqués sur les fentes de l’écorce et autour du sol de l’arbre, au moment où les papillons commencent à pondre leurs œufs, entre fin mai pour la première génération et juillet pour la seconde. Le respect de ces périodes et des conditions de température maximise leur action.

Deux types de nématodes sont utilisés selon la période de traitement :

Steinernema feltiae (Felti) : Au printemps et à l’automne, lorsque la température du sol reste modérée.
Steinernema carpocapsae (Carpo)
: En été, lorsque la température du sol dépasse environ 15°C.

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