Pucerons : reconnaître, lutter et prévenir

Les pucerons sont de petits insectes piqueurs-suceurs très fréquents sur les balcons et dans les jardins. Ils se regroupent souvent en colonies sur les jeunes pousses et le revers des feuilles. En se nourrissant de la sève, ils affaiblissent la plante, provoquent des feuilles déformées ou jaunissantes et sécrètent un miellat collant. Très prolifiques, ils peuvent rapidement envahir un environnement si aucune mesure n’est prise.

Comment reconnaître les pucerons ?

Les pucerons sont de petits insectes de forme ovale ou légèrement piriforme, mesurant généralement entre 1 et 4 mm. Ils sont visibles à l’œil nu et peuvent être verts, jaunâtres, noirs, bruns ou gris selon l’espèce et la plante hôte. Certains individus développent des ailes, lorsque de nombreux pucerons se rassemblent et que la situation devient très encombrée, les femelles pucerons produisent une descendance ailée.
Les pucerons ailés peuvent alors s'envoler à la recherche d'une autre plante.

Ils se regroupent en colonies, principalement sur les jeunes pousses, les bourgeons floraux, les tiges tendres et le revers des feuilles. En piquant les tissus pour se nourrir de la sève, ils affaiblissent la plante et provoquent souvent des feuilles enroulées, déformées ou jaunissantes. Le surplus de sève non digérée est rejeté sous forme de miellat, un liquide collant et translucide.

La présence de pucerons s’accompagne fréquemment d’un dépôt collant appelé miellat sur les feuilles ou le sol, parfois suivi d’une couche noirâtre (fumagine). Les fourmis raffolent de ce miellat, très riche en sucre. Elles le récoltent et, en échange, protègent les colonies de pucerons contre leurs prédateurs.

Les pucerons apparaissent au printemps et se développent rapidement lorsque les températures deviennent plus douces.

Les différents types de pucerons

Les pucerons noirs

Les pucerons noirs sont particulièrement visibles sur les plantes en raison de leur couleur sombre. L’une des espèces les plus connues est le puceron noir de la fève, fréquemment observé sur les fèves, les haricots, mais aussi sur de nombreuses plantes ornementales. Ils forment souvent des colonies denses sur les tiges et les jeunes pousses, où ils se nourrissent activement de la sève.

Comme les autres pucerons, ils affaiblissent la plante, provoquent des déformations des feuilles et sécrètent du miellat collant, pouvant entraîner l’apparition de fumagine.

Les pucerons blancs

Les pucerons blancs que l’on observe parfois sur les plantes ne sont en réalité pas des insectes vivants, mais des mues. En grandissant, les pucerons changent plusieurs fois de peau et laissent derrière eux une enveloppe vide, fine et blanchâtre, souvent accrochée aux feuilles ou aux tiges.

La présence de ces petites peaux blanches est un signe clair d’infestation, même si vous ne voyez pas immédiatement les pucerons, cela indique qu’ils sont bien installés sur votre plante et qu’ils continuent à se développer.

Développement des pucerons

Les pucerons deviennent rapidement envahissants en raison de leur capacité de reproduction exceptionnelle. Dans des conditions optimales, un puceron peut atteindre sa maturité en une semaine seulement. Chaque femelle peut produire entre 40 et 100 descendants au cours de sa vie, avec une moyenne de 3 à 10 jeunes par jour. Plusieurs générations se succèdent ainsi en quelques semaines, expliquant la rapidité des infestations.

Lorsque la colonie devient trop dense ou que la plante hôte s’affaiblit, certains pucerons développent des ailes. Ces formes ailées migrent alors vers d’autres plantes pour créer de nouvelles colonies.

Au printemps et en été, lorsque les températures sont douces à chaudes, la majorité des individus sont des femelles qui se reproduisent par parthénogenèse, elles donnent naissance à des larves vivantes sans avoir besoin de fécondation. Ce mode de reproduction « en clonage » permet aux jeunes pucerons de commencer immédiatement à se nourrir de la sève et d’accélérer considérablement la formation de colonies.

À l’automne, le cycle évolue, des mâles apparaissent et la reproduction devient sexuelle. Les femelles fécondées pondent des œufs résistants qui hivernent sur les plantes ou dans leur environnement proche. Au printemps suivant, ces œufs éclosent et donnent naissance à de nouvelles femelles, relançant ainsi le cycle.

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Quels dégâts causent les pucerons ?

Les pucerons se nourrissent en piquant les tissus des plantes pour en aspirer la sève. Cette action affaiblit progressivement le végétal et perturbe son développement. Lorsque l’infestation est importante, les conséquences peuvent être sérieuses, en particulier pour les jeunes plants.

Affaiblissement et ralentissement de la croissance

En se nourrissant en continu, les pucerons privent la plante d’une partie de ses nutriments essentiels. Cela peut entraîner un retard de croissance, un développement réduit des tiges et des nouvelles pousses, un affaiblissement général de la plante ou la mort des jeunes plants en cas d’attaque massive.

Les pucerons ciblent en priorité les jeunes feuilles et les bourgeons, plus tendres et plus riches en sève.

Déformations et symptômes visibles

Leur présence provoque souvent des dommages visibles sur le feuillage tel que des feuilles enroulées ou gondolées, le jaunissement des feuilles, des bourgeons floraux déformés ou une chute prématurée des feuilles. Ces déformations limitent la surface fonctionnelle des feuilles et nuisent à la bonne santé de la plante.

Réduction de la photosynthèse

Lorsque les feuilles sont abîmées ou recouvertes de miellat, leur capacité à capter la lumière diminue. On remarque une baisse de la photosynthèse, une diminution de la production d’énergie et un ralentissement global du développement.

Transmission de maladies virales

Les pucerons sont également des vecteurs de virus végétaux. En passant d’une plante à l’autre, ils peuvent transmettre des maladies telles que le virus de la mosaïque ou le virus Y de la pomme de terre. Ces virus provoquent des marbrures, des déformations et peuvent réduire fortement les récoltes au potager.

Comment lutter contre les pucerons ?

Il est important d’agir dès que les premiers pucerons apparaissent, se reproduisent très rapidement. La solution naturelle la plus efficace contre les pucerons est d’avoir recours à des auxiliaires prédateurs. Ce sont des insectes qui sont les prédateurs naturels des pucerons et qui se nourrissent.

En cas de présence de pucerons, nettoyer d'abord les plantes infestées avec le Savon pour plantes comme traitement préparatoire à l'introduction des prédateurs naturels des pucerons.

Une fois que le liquide est sec, introduisez des larves de chrysopes Carna et/ou des larves de coccinelles Puncta, deux prédateurs naturels pour lutter contre les pucerons. Les larves de coccinelles Puncta et/ou Carna sont très efficaces lorsque vous avez beaucoup de pucerons concentrés dans un même endroit. Idéales pour les arbustes, les haies ou d'autres plantes du jardin, mais également vos plantes d'intérieurs.

Prévention contre les pucerons

Prévention sur les plantes d'intérieur

Veillez à ce que les plantes ne soient pas exposées aux courants d'air. Les plantes n'aiment pas ça, et c'est ainsi que les pucerons peuvent entrer discrètement dans votre maison depuis l'extérieur. Si vous soupçonnez la présence de pucerons, vous pouvez également nettoyer les feuilles avec du Savon pour plantes.

Prévention dans le jardin

Pour prévenir les pucerons dans le jardin, il est préférable d'attirer les ennemis naturels. Plantez des plantes indigènes attrayantes pour les insectes. Aménagez des coins de broussailles dans le jardin où les insectes peuvent se réfugier. Vous pouvez également planter des plantes au fort parfum dans le jardin, comme de l'ail à côté d'une rose, pour protéger la rose.

Établir un écosystème de jardin équilibré sur le plan biologique :

- Utiliser des revêtements de sol pour abriter les larves des insectes bénéfiques comme les coccinelles.
- Cultiver des rangées de phacélie et de bourrache pour attirer les syrphes.
- Intégrer des variétés florales autour du potager pour favoriser la biodiversité.

Autres façons de contrôler une population de pucerons
Pucerons et savon noir

Le savon noir peut être une solution immédiate en cas de forte infestation de pucerons, mais il ne fournit qu'une réponse temporaire et peut parfois endommager les plantes sensibles.

Pour un contrôle efficace et durable des populations de pucerons, la lutte biologique avec des prédateurs naturels reste la meilleure option.

Pucerons et vinaigre blanc

Le vinaigre blanc est souvent recommandé comme répulsif anti puceron, dilué avec de l’eau à pulvériser sur les plantes infectées. Cependant, son efficacité est limitée et peut endommager les plantes sensibles.

Pucerons et huile essentielle

L’utilisation d’huiles essentielles comme répulsifs naturels contre les pucerons est également recommandée en pulvérisation. Mais au même titre que le vinaigre blanc et le savon noir, l’usage des huiles essentielles n’est pas une solution durable ou efficace pour lutter contre les pucerons.

Pucerons et purin d’ortie

Le purin d'ortie, bien qu'il puisse agir comme répulsif naturel contre les pucerons, peut être moins efficace et durable que l'introduction d'auxiliaires comme les larves de chrysopes et de coccinelles, qui offrent une solution plus complète et durable pour contrôler les populations de pucerons.

Pucerons et ail

L'ail puisse être utilisé comme répulsif contre les pucerons mais son efficacité peut être inconstante. Pour un contrôle efficace et durable des populations de pucerons, il est préférable de combiner son utilisation avec des méthodes biologiques telles que l'introduction d'auxiliaires prédateurs comme les larves de coccinelles.

Insecticide à base de pyrèthre végétal

L'insecticide à base de pyrèthre végétal peut sembler être une option naturelle pour lutter contre les pucerons. Mais ce produit présente deux gros inconvénients : il éradique sans distinction tous les insectes, tant les nuisibles que les bénéfiques, y compris les abeilles déjà en difficulté. Il est aussi très nocif pour les organismes aquatiques tels que les poissons et les reptiles. Mieux vaut donc ne pas l’utiliser.

Il existe d'autres méthodes naturelles comme la lutte mécanique en cas de forte infestation : vous pouvez utiliser un jet d'eau pour enlever la majorité des pucerons et compléter avec de la lutte biologique.

Vous n'êtes pas sur de l'espèce du nuisible ?

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