Cochenilles farineuses : reconnaître, lutter et prévenir
Les cochenilles farineuses comptent parmi les ravageurs les plus fréquents sur les plantes d'intérieur. Sous leur aspect cotonneux caractéristique, ces petits insectes suceurs de sève se dissimulent dans les recoins des feuilles et des tiges, où ils forment des amas blanchâtres faciles à reconnaître. Très résistantes et souvent difficiles à éliminer une fois établies, elles affaiblissent progressivement les plantes, favorisent l’apparition de fumagine et se propagent rapidement dans les environnements chauds et abrités.
Comment reconnaître la cochenille farineuse ?
Les cochenilles farineuses sont de petits insectes suceurs de sève qui se reconnaissent facilement grâce à leur aspect poudreux et cotonneux. Les femelles, les plus visibles, mesurent entre 2 et 5 millimètres et restent souvent immobiles sur les plantes. Leur corps est recouvert d’une épaisse couche de cire blanche qui leur donne des reflets rosés ou jaunâtres, et des filaments cireux se développent sur les côtés, leur longueur variant selon l’espèce. Les mâles, beaucoup plus petits, rarement plus d’un millimètre, possèdent des ailes et ne vivent que quelques jours, ce qui explique qu’on les observe très rarement.
Les différents types de cochenilles
La cochenille farineuse des Agrumes
Cette espèce de cochenille farineuse des agrumes (Planococcus citri) se reconnaît à ses 18 paires de filaments cireux disposés autour de son corps ovale, lisse et recouvert d’une fine couche blanche. Très polyphage, elle infeste de nombreuses plantes d’intérieur et plantes en pot.
La cochenille farineuse de la vigne
La cochenille farineuse de la vigne (Pseudococcus affinis) infeste les vignes, les tomates et certaines plantes ornementales comme la passiflore. Elle ressemble à la cochenille de l'oranger mais se distingue par de petites excroissances à l'extrémité de son abdomen.
La cochenille farineuse des serres
La cochenille farineuse des serres (Pseudococcus longispinus) se distingue par leurs 18 paires de filaments cireux qu'elles ont tout autour de leur corps. Elle est présente sur un très grand nombre de plantes y compris les plantes grasses. Cette espèce apprécie les milieux chauds et humides.
Développement des cochenilles farineuses
Les cochenilles farineuses possèdent un cycle de vie rapide, composé de plusieurs stades de développement allant de l’œuf à l’insecte adulte. Dans certains environnement favorable, notamment en intérieur ou en serre, elles peuvent se reproduire toute l’année, ce qui favorise l’apparition d’infestations sur les plantes.
La reproduction des cochenilles est caractéristique, car les femelles pondent leurs œufs dans une masse blanche constituée de filaments cireux. Cette structure duveteuse, appelée ovisac, ressemble à un petit cocon cotonneux. On l’observe souvent le long des nervures des feuilles, à l’aisselle des tiges ou dans les zones protégées de la plante. Selon les conditions de l’environnement, le cycle complet de la cochenille farineuse peut durer de quelques semaines à quelques mois.
Les œufs
Les œufs sont déposés par la femelle dans le cocon cireux qu’elle produit. Ce sac cotonneux protège les œufs contre la sécheresse et certains prédateurs. Chaque femelle peut pondre plusieurs dizaines, voire centaines d’œufs. En général, les œufs éclosent au bout de une à trois semaines.
Les nymphes
À l’éclosion apparaissent les nymphes, aussi appelées crawlers ou « larves baladeuses ». Elles sont plus petites et souvent plus sombres que les adultes, car leur corps ne possède encore que très peu de cire protectrice. C’est le stade le plus mobile du cycle. Les jeunes cochenilles se déplacent sur la plante ou vers des plantes voisines afin de trouver un endroit favorable pour se nourrir.
Une fois installées, elles commencent à piquer les tissus végétaux pour aspirer la sève. Au fil de leur croissance, elles se recouvrent progressivement d’une substance cireuse protectrice et passent par plusieurs mues.
Les adultes
Après plusieurs stades de développement, les nymphes deviennent adultes. Les femelles développent alors leur aspect caractéristique recouvert d’une cire blanche farineuse, qui leur sert de protection. Elles restent généralement fixées sur la plante pour se nourrir et pondre de nouveaux œufs.
Les mâles, beaucoup plus rares, sont très différents des femelles. Ils possèdent souvent des ailes, vivent seulement quelques jours et ne se nourrissent pas.
Quels dégâts causent les cochenilles farineuses ?
Les cochenilles farineuses sont des insectes piqueurs-suceurs qui se nourrissent de la sève des plantes. En perforant les tissus végétaux avec leur rostre, elles aspirent les nutriments indispensables à la croissance du végétal. Cette alimentation affaiblit la plante et peut entraîner, à terme, un ralentissement de son développement.
Les dégâts provoqués par les cochenilles farineuses affectent l’apparence de la plante mais aussi son fonctionnement interne. Sans intervention, une infestation peut se propager et compromettre la santé de la plante.
Amas blancs sur les feuilles et les tiges
L’un des premiers signes d’une infestation est la présence de petits amas blancs et cotonneux sur les feuilles, les tiges ou à l’aisselle des feuilles. Ces dépôts cireux sont produits par les cochenilles et servent à protéger les œufs des cochenilles farineuses. Ces taches blanches signalent aussi l’endroit où les cochenilles se fixent pour se nourrir.
Feuilles collantes et développement de fumagine
En aspirant la sève, les cochenilles rejettent un liquide sucré appelé miellat. Cette substance rend les feuilles, les tiges et parfois même les surfaces autour de la plante collantes. Le miellat favorise ensuite le développement de la fumagine, un champignon noir qui forme une couche sombre sur le feuillage. Cette pellicule limite la pénétration de la lumière et perturbe la photosynthèse.
Jaunissement et chute du feuillage
En prélevant continuellement la sève, les cochenilles privent la plante d’une partie de ses ressources. La plante réagit alors par un ralentissement de croissance, un jaunissement des feuilles et parfois une déformation des jeunes pousses.
Lorsque l’infestation devient plus dense, les feuilles peuvent tomber prématurément, les boutons floraux, les fleurs et les jeunes fruits peuvent également chuter avant leur maturité.
Comment lutter contre les cochenilles ?
Si les conditions sont réunies, les cochenilles peuvent se développer rapidement notamment durant l'été.
Ainsi, une petite population peut vite causer de grands dégâts. Il faut donc agir dès que les premiers signes d'une présence de cochenilles sont identifiés.
La meilleure manière de combattre les cochenilles farineuses naturellement est d'utiliser la lutte biologique en faisant appel à des auxiliaires comme la coccinelle Crypto. Celle-ci est la prédatrice naturelle des cochenilles farineuses. La coccinelle Cryptolaemus est capable d'absorber plus de 250 larves de cochenilles au cours de sa vie !
Vous trouverez ci-dessous un plan étape par étape pour lutter contre les cochenilles farineuses. Cette méthode est efficace aussi bien à l'extérieur que sur les plantes d'intérieur.
Étape 1 : Isolez la plante.
Séparez la plante infestée de votre collection pour éviter la propagation des cochenilles sur d'autres plantes.
Étape 2 : Coupez les feuilles atteintes.
Retirez les feuilles fortement infestées ou endommagées pour réduire la population de cochenilles et prévenir toute nouvelle infestation.
Étape 3 : Nettoyer les feuilles.
Nettoyez votre plante en la passant sous la douche, puis grâce à un Savon pour plantes, frottez délicatement le dessus et le dessous des feuilles avec un chiffon humide afin d’éliminer les premiers parasites.
Étape 4 : Introduisez des prédateurs.
Introduisez les ennemis naturels des cochenilles, Crypto, qui se nourrissent de nombreux stades de cochenilles. Les Crypto contiennent 30 larves d'un coléoptère appartenant à la famille des coccinelles. Les larves mesurent environ 0,5 cm et peuvent manger jusqu'à 30 cochenilles par jour.
Étape 5 : Répéter un second traitement.
Inspectez vos plantes afin de détecter la présence de cochenilles et répétez les étapes précédentes une seconde fois si nécessaire pour limiter les risques d'une seconde infestation.
Comment limiter l’apparition des cochenilles farineuses sur vos plantes d'intérieur ?
La base de la prévention consiste à observer régulièrement vos plantes, en examinant la face inférieure des feuilles, la base des tiges ou les zones de replis. Au moindre signe de cochenilles farineuses, il est conseillé de mettre la plante en quarantaine afin de limiter la propagation. L’idéal reste de prévenir l’apparition des cochenilles farineuses avant qu’elles ne s’installent dans vos plantes.
Nettoyer les feuilles de vos plantes
Nettoyez les feuilles une fois par mois à l'aide d'un chiffon humide et d'un savon nettoyant adapté aux plantes. Vous pouvez également rincer la plante sous la douche ou à l’extérieur, en protégeant le terreau avec une bâche pour éviter un excès d’humidité. Ce geste simple élimine la poussière des feuilles, le miellat et les débuts d’infestation.
Inspecter vos plantes
Vérifiez à chaque arrosage les feuilles, en particulier leur face inférieure. Recherchez des taches blanches, une surface collante ou de petits insectes ovales. En cas de doute, mettez la plante en quarantaine pour limiter la propagation. Vous pouvez aussi envoyer une photo à notre équipe pour confirmation, par le biais de notre page contact.
Avoir des plantes en bonne santé
Des plantes en bonne santé résistent mieux aux ravageurs. Assurez-vous qu’elles reçoivent la bonne quantité d’eau, de lumière, de chaleur et de nutriments. En cas de suspicion de cochenilles, nettoyez les feuilles avec du savon pour plantes. Les cochenilles attaquent aussi bien orchidées, cactus, ficus, citronniers, agrumes, lauriers roses ou oliviers. Aucune culture n’est totalement épargnée.
Surveiller les nouvelles plantes
Avant d’ajouter de nouvelles plantes à votre collection, faites en sorte de les mettre en quarantaine trois à quatre semaines. Cela évite l’introduction accidentelle de cochenilles farineuses ou d’autres parasites, qui se cacheraient dans vos nouvelles plantes.
Vous n'êtes pas sur de l'espèce du nuisible ?
Si n'êtes pas sûr(e) de quel nuisible est présent sur vos plantes ou sur vos animaux, importez une photo claire et nette du ravageur, ainsi que de ses dégâts, puis nous examinerons pour vous aider à identifier le ravageur et vous recommander l'une de nos solutions !