Comment bien choisir son terreau durable et fabriquer son substrat ?

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Comment bien choisir son terreau durable et fabriquer son substrat ?

Au début de la saison de jardinage, planifier l’emplacement des pots de fleurs, l’aménagement du potager ou le rempotage des plantes d’intérieur est une étape essentielle. Mais pour bien se développer, toutes ces graines et plantes ont besoin d’un élément fondamental, un substrat adapté et de qualité.

Pourtant, tous les terreaux ne se valent pas, tant en matière d’impact environnemental que de qualité nutritive. La majorité des terreaux vendus dans le commerce contiennent encore de la tourbe, une ressource non renouvelable aux conséquences écologiques importantes. Souvent pauvres en nutriments, ils nécessitent des apports supplémentaires et ne permettent pas toujours aux plantes de s’épanouir pleinement.

 


L’impact du terreau sur l’environnement

Le terreau est au cœur de débats écologiques depuis plusieurs années. Non pas en raison de son innocuité pour les plantes, mais en raison de son mode de fabrication, et plus particulièrement de l’utilisation massive de la tourbe dans la composition des terreaux industriels.

Pourquoi la tourbe est un problème environnemental ?

La majorité des terreaux conventionnels est composée de tourbe séchée, extraite principalement des tourbières de Scandinavie et d’Europe de l’Est (Estonie, Lettonie, Lituanie). Or, une tourbière met des milliers d’années à se former. Une fois exploitée, elle est pratiquement irréversible à l’échelle humaine.

Ces milieux naturels sont essentiels, car ils abritent une biodiversité unique (oiseaux, insectes, plantes spécialisées) et jouent un rôle majeur dans la régulation du climat.

Les tourbières stockent en effet plus de carbone que toutes les forêts du monde réunies. Lorsqu’elles sont drainées pour extraire la tourbe, ce carbone est libéré sous forme de CO₂, contribuant directement au réchauffement climatique.

Une contradiction européenne

Aux Pays-Bas, par exemple, les tourbières sont protégées et l’extraction de la tourbe est interdite. Pourtant, le pays reste l’un des plus grands importateurs de tourbe en Europe. La raison est simple, la tourbe possède des qualités horticoles idéales.

  • Une structure légère et aérée.

  • Une excellente rétention d’eau.

  • Une faible teneur nutritive, permettant un dosage précis des engrais.

Consciente de l’urgence écologique, l’Union européenne vise une utilisation de 85 % de ressources renouvelables dans les terreaux d’ici 2030. Certains pays, comme le Royaume-Uni, ont déjà pris de l’avance, puisque la vente de terreaux contenant de la tourbe y est interdite à partir depuis 2024.



Les alternatives possibles au terreau avec tourbe

La fibre de coco

Parmi les alternatives les plus répandues à la tourbe figure la fibre de coco, issue des coques de noix de coco. Présentée comme un sous-produit végétal intéressant, elle est souvent utilisée dans les terreaux sans tourbe. Cependant, son bilan écologique reste nuancé

La fibre de coco provient majoritairement d’Inde et d’Asie du Sud-Est. Son transport maritime sur de longues distances génère une empreinte carbone importante. De plus, le développement des cocoteraies peut contribuer à la déforestation, tandis que leur culture nécessite fréquemment l’utilisation d’engrais et de pesticides de synthèse. Enfin, pour être utilisable en horticulture, la fibre de coco doit être abondamment lavée, un processus qui produit des eaux usées potentiellement polluantes.

La fibre de coco peut donc être utilisée de manière ponctuelle comme alternative à la tourbe. Toutefois, elle ne peut être considérée comme réellement durable que si elle provient de filières certifiées, responsables et transparentes, garantissant une production respectueuse de l’environnement.

 


Les alternatives pour le jardin

Le terreau sans tourbe

Le terreau sans tourbe est aujourd’hui l’une des principales alternatives écologiques au terreau classique. Composé de compost végétal, d’écorces compostées, de fibres de bois et parfois de fibre de coco en quantité limitée, il repose sur des ressources renouvelables et locales lorsque cela est possible.

En remplaçant la tourbe, ce type de terreau permet de limiter les émissions de CO₂ et de préserver les tourbières. Cependant, tous les terreaux sans tourbe ne se valent pas : pour un choix réellement durable, il est recommandé de privilégier des produits issus de filières locales, certifiées et responsables.

Le terreau biologique

Le terreau biologique sans tourbe va encore plus loin dans une démarche écologique et qualitative. Il exclut les engrais chimiques de synthèse, dont la fabrication est particulièrement énergivore, au profit d’engrais naturels d’origine végétale (compost, vinasse), animale (fumier composté), microbienne ou minérale.

Au-delà de leur impact environnemental, les engrais de synthèse utilisés dans certains terreaux industriels sont parfois de faible qualité. Ils apportent des nutriments rapidement assimilables, mais souvent déséquilibrés, ce qui peut entraîner une croissance artificiellement rapide, une dépendance aux apports réguliers et un appauvrissement progressif du substrat. À l’inverse, les engrais naturels libèrent les nutriments de manière progressive, en respectant le rythme de croissance des plantes et en favorisant le développement racinaire.

Ce type de terreau favorise la vie du sol, améliore durablement la structure du substrat et soutient la biodiversité microbienne. Les plantes deviennent donc plus résistantes, sont mieux nourries et moins sensibles au stress. Il est particulièrement recommandé pour le potager, les cultures comestibles et les plantations durables, où la qualité du sol joue un rôle clé sur le long terme.

Le compost pour le jardin 

Le compost maison est sans doute la solution la plus écologique et la plus vertueuse pour le jardin. Il permet de réduire significativement les déchets de cuisine et de jardin, de produire un amendement naturel riche et vivant, et de fermer la boucle des nutriments directement chez soi, sans transport ni transformation industrielle.

Au-delà de son rôle fertilisant, le compost joue un rôle clé dans la régénération des sols. Riche en matière organique, il nourrit les micro-organismes du sol (bactéries, champignons, vers de terre) qui transforment les nutriments en éléments directement assimilables par les plantes. Cette activité biologique améliore durablement la santé du sol, contrairement aux apports chimiques ponctuels.

Au jardin, le compost mûr peut être utilisé de plusieurs façons :

  • En amendement du sol, pour enrichir une terre appauvrie.
  • En le mélangeant à la terre existante, lors des plantations ou des semis.
  • En paillage léger, pour protéger le sol et limiter l’évaporation de l’eau.

Le compost améliore la structure du sol, en rendant les sols lourds plus aérés et les sols sableux plus cohésifs. Il augmente également la capacité de rétention en eau, ce qui permet de réduire les besoins en arrosage. Enfin, en favorisant une microfaune active et diversifiée, il contribue à des plantes plus résistantes aux maladies et aux stress climatiques, tout en soutenant la biodiversité du jardin.

 

 

Les alternatives pour les plantes d’intérieur

Les plantes en pot ont des besoins très spécifiques, qui dépendent non seulement de leur espèce, mais aussi de leur environnement d'origine. Certaines plantes viennent de sols légers et bien drainés, tandis que d’autres se développent naturellement dans des sols plus lourds et compacts. Le choix du substrat doit donc prendre en compte ces caractéristiques, car un mélange trop dense ou trop riche peut provoquer un excès d’humidité, asphyxier les racines et favoriser la pourriture. À l’inverse, un substrat trop léger peut ne pas convenir aux plantes adaptées à des sols plus argileux, dont les racines sont conçues pour exploiter un sol plus ferme.

Faire son substrat maison pour plantes d’intérieur

On peut facilement préparer un substrat maison sur mesure en mélangeant des composants pour obtenir un substrat à la fois léger, aéré et capable de maintenir une humidité adaptée aux plantes.

Chaque espèce a toutefois des besoins spécifiques, en fonction de son origine et de ses racines. Il est donc recommandé de se renseigner sur les exigences de chaque plante pour adapter le mélange. Néanmoins, il est possible de réaliser une composition générale qui convient à la majorité des plantes d’intérieur, offrant un bon équilibre entre nutrition, aération et rétention d’eau.

Exemple de mélange équilibré :

  • 50 % de compost tamisé (pour l'apport nutritif).

  • 30 %  de fibre de coco, écorce de pin ou de chips de coco (pour aérer les racines).

  • 20 % de perlite, vermiculite ou pouzzolane (pour le drainage).

Ce mélange permettra d'offrir aux plantes une bonne aération, un drainage pour éviter les excès d'humidité et une fertilité progressive et naturelle. Il est idéal pour la majorité des plantes d’intérieur.

Cependant, certaines plantes très spécifiques, comme les orchidées, les cactus ou les plantes carnivores, nécessitent un substrat particulier reproduisant les conditions de leur habitat naturel, et ce mélange général ne leur sera pas adapté.

 



Des solutions durables pour vos plantes 

Bien choisir son terreau, c’est faire un choix à la fois horticole et écologique. Les terreaux traditionnels à base de tourbe, bien qu’efficaces pour la croissance des plantes, ont un impact environnemental important, en particulier à cause des émissions de CO₂ qu’ils génèrent et de la destruction de milieux naturels uniques comme les tourbières.

Heureusement, il existe aujourd’hui des alternatives plus durables, telles que les terreaux sans tourbe, les terreaux biologiques, le compost ou encore les substrats faits maison. En privilégiant des matériaux renouvelables, locaux et certifiés, et en adaptant les mélanges aux besoins spécifiques de chaque plante, il est possible de jardiner de manière responsable, durable et respectueuse de la planète, tout en assurant la santé et l’épanouissement optimal de ses plantes.