Les collemboles dans les plantes d'intérieur

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Les collemboles dans les plantes d'intérieur

Les collemboles dans les plantes d'intérieur, qu'est-ce que c'est et d'où viennent-ils ?

Vous arrosez une plante et, en surface du terreau ou dans la coupelle, de minuscules insectes blancs se mettent à sauter dans tous les sens. On pense à un nuisible et on cherche un insecticide. Pourtant, dans la grande majorité des cas, ces petites bêtes ne présentent aucun danger pour vos plantes.

Cet article fait le point sur ce que sont réellement les collemboles, pourquoi ils s'installent dans le terreau, leur effet concret sur vos plantes d'intérieur, et les solutions à mettre en place si leur présence vous dérange.

 

Qu'est-ce que les collemboles ?

Les collemboles sont de tout petits arthropodes, mesurant en général entre 1 et 3 mm (rarement jusqu'à 6 mm selon l'espèce), de couleur blanche, grise ou parfois noire selon les espèces. Il est dépourvu d'ailes et a une vue très limitée.

Sa particularité la plus reconnaissable est sa façon de se déplacer, car sous son abdomen se trouve un petit appendice replié, la « furca », qui agit comme un ressort. Lorsqu'il est dérangé, cet organe se détend et projette le collembole en l'air d'où son nom anglais, springtail.

Les collemboles ne sont plus classés parmi les insectes par les entomologistes. Ils possèdent bien six pattes, mais leurs caractéristiques anatomiques (pièces buccales internes notamment) les placent aujourd'hui dans un groupe distinct d'hexapodes, cousin des insectes mais séparé d'eux. On dénombre plus de 8 000 espèces décrites à travers le monde, et ce sont parmi les arthropodes les plus abondants de la planète.

L'espèce la plus fréquemment observée dans les pots de plantes d'intérieur est Folsomia candida, une petite espèce blanche également utilisée en laboratoire comme indicateur de la qualité des sols.

 

D'où viennent les collemboles dans vos pots ?

Contrairement à une idée reçue, les collemboles n'arrivent pas forcément de l'extérieur au moment où vous les remarquez. Plusieurs origines sont possibles :

  • Le terreau lui-même.
    Les substrats du commerce, en particulier ceux riches en tourbe ou en compost, contiennent très souvent déjà des œufs ou des individus de collemboles avant même l'achat.
  • Un séjour à l'extérieur.
    Si vous sortez vos plantes au jardin, sur un balcon ou une terrasse pendant la belle saison, des collemboles présents dans le sol environnant peuvent coloniser le pot.
  • Le contact avec d'autres plantes ou du terreau contaminé.
    Un nouveau pot, une bouture ou un rempotage avec un terreau déjà colonisé suffisent à en introduire.
  • Une entrée par les fissures ou une fenêtre ouverte, notamment lors de fortes chaleurs, quand le sol extérieur s'assèche et pousse les collemboles à chercher l'humidité ailleurs.

Comme il s'agit de l'un des groupes d'animaux les plus répandus sur Terre, présent dans quasiment tous les sols du globe, il est en réalité difficile d'avoir un terreau totalement exempt de collemboles. Ce qui détermine s'ils prolifèrent visiblement ou non, ce sont les conditions du pot.

 

Pourquoi sont-ils là ?

Si des collemboles deviennent visibles et nombreux dans un pot, c'est presque toujours le signe d'un environnement qui leur convient particulièrement bien. Dans la grande majorité des cas, tout part d'un terreau trop humide, les collemboles respirent à travers leur cuticule et ont donc besoin d'humidité pour survivre, ce qui leur permet de se multiplier dès que le substrat ne sèche plus. Cet excès d'humidité vient le plus souvent d'un arrosage trop fréquent, même modéré, un arrosage répété sans laisser sécher la surface du terreau suffit à créer des conditions idéales. L'eau stagnante dans la coupelle joue le même rôle, une coupelle qui reste remplie après l'arrosage est souvent le tout premier endroit où on repère des collemboles.

Le type de terreau utilisé compte aussi beaucoup. Un substrat riche en tourbe ou en matière organique retient l'humidité, tout en constituant en même temps leur source de nourriture. Ils y trouvent donc à la fois l'humidité et le repas. Un mauvais drainage aggrave la situation en prolongeant l'humidité en profondeur, que ce soit à cause d'un pot sans trou, d'un terreau tassé ou de l'absence d'une couche drainante. Enfin, une pièce peu ventilée et humide ralentit le séchage du terreau entre deux arrosages, ce qui entretient ces conditions favorables plus longtemps que nécessaire.

 

Quel est leur effet réel sur vos plantes d'intérieur ?

C'est le point sur lequel circulent le plus d'informations approximatives. D'après les services de vulgarisation scientifique de plusieurs universités spécialisées en entomologie, les collemboles sont considérés comme inoffensifs pour les plantes dans l'écrasante majorité des cas.

Leur régime alimentaire est composé de matière organique morte, de champignons microscopiques, d'algues et de bactéries présentes dans le terreau, pas de tissus végétaux vivants. Ils participent même à la décomposition de la matière organique et à la libération de minéraux assimilables par les racines, ce qui en fait plutôt des alliés discrets d'un sol vivant.

Leur présence en grand nombre n'est donc pas systématiquement la cause d'une plante qui faiblit, elle est le symptôme d'un terreau trop arrosé. C'est souvent l'excès d'eau lui-même, qui finit par abîmer les racines.

Dans de rares cas d'infestation massive, quand la matière organique disponible vient à manquer, certaines espèces peuvent occasionnellement s'attaquer aux racines les plus fines ou aux jeunes semis. Ce cas de figure reste faible sur une plante d'intérieur en pot, mais il justifie de rester attentif si la population devient trop importante et que la plante montre des signes de faiblesse.

Il est surtout essentiel de ne pas confondre les collemboles avec d'autres habitants du terreau réellement problématiques, en particulier les larves de moucherons du terreau, qui elles se nourrissent des racines fines et peuvent causer de vrais dégâts.

 

Les solutions à mettre en place

Puisque l'humidité excessive est la cause principale, les solutions agissent sur ce facteur plutôt que sur les collemboles eux-mêmes.

1. Espacer les arrosages et laisser sécher le terreau en surface
Avant chaque arrosage, vérifiez que le terreau soit secs au toucher. C'est la mesure la plus efficace et souvent suffisante à elle seule.

2. Vider systématiquement les coupelles
Ne laissez jamais d'eau stagner sous le pot plus de 20 à 30 minutes après l'arrosage. C'est l'un des habitats préférés des collemboles.

3. Vérifier et améliorer le drainage 
Assurez-vous que le pot dispose de trous de drainage fonctionnels. Si le terreau est très compact ou trop riche en tourbe, vous pouvez l'alléger avec de la perlite ou du sable grossier pour qu'il retienne moins l'eau.

4. Aérer la pièce
Une meilleure circulation de l'air autour des plantes accélère le séchage du terreau et réduit l'humidité ambiante, notamment en salle de bain ou en véranda.

5. La méthode du bain, en cas de population très gênante
Si le nombre de collemboles devient réellement envahissant, plongez le pot dans un seau d'eau pendant 20 à 30 minutes, les collemboles remontent à la surface de l'eau et peuvent être retirés partiellement.

6. Rempoter seulement si nécessaire 
Un rempotage n'est utile que si le terreau est réellement dégradé (tassé, odeur de pourriture, saturé en eau). Rempoter uniquement pour se débarrasser des collemboles est rarement nécessaire.

7. Éviter les insecticides
Les traitements chimiques sont inefficaces contre les collemboles et inutiles, puisqu'il ne s'agit pas d'un nuisible à éradiquer mais d'un déséquilibre d'arrosage à corriger.